Dans un entretien accordé au média britannique The Sun, un porte-parole de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a annoncé avoir constaté ces derniers mois une hausse des cas de « super-gonorrhée ».

C’est quoi la gonorrhée ?

La gonorrhée est une infection sexuellement transmissible (IST) – plus souvent connue sous le nom de “chaude-pisse” – qui touche majoritairement les moins de 30 ans.

Dans sa forme dite « bénigne », cette IST peut être très désagréable, mais elle peut avoir des conséquences dramatiques. Non traitée, elle peut entraîner une multiplication par cinq de la transmission du VIH et peut provoquer de graves infections oculaires, jusqu’à la cécité, ou encore provoquer l’infertilité ou augmenter le risque de grossesse extra-utérine.

Quel lien avec la COVID19 ?

Selon l’OMS, la multiplication des cas de cette IST est notamment due à l’usage excessif de l’azithromycine, un antibiotique « sur-utilisé » pour traiter la Covid-19.

Alors qu’en 2017, le Dr Teodora Wi, médecin au département Santé reproductive à l’OMS alertait déjà sur le fait que la bactérie responsable de la gonorrhée est une bactérie particulièrement intelligente. « À chaque fois que nous utilisons une nouvelle classe d’antibiotiques pour traiter l’infection, la bactérie évolue pour y résister », expliquait-elle.

Quand la Covid-19 apparait, les services de dépistage des IST sont perturbés pour laisser place au dépistage du coronavirus. Un grand nombre de cas n’ont donc pas pu être diagnostiqués correctement.

De plus, la prescription d’azithromycine se retrouve augmentée de 217 % en seulement trois mois, entre mars et juin. La bactérie responsable de la gonorrhée a donc muté et est devenue à un haut niveau, super-résistante aux traitements antibiotiques actuels. C’est ce qu’on appelle une « antibiorésistance » et cela fait craindre à l’OMS une explosion des cas de cette infection en 2021.

Quels sont les symptômes ?

Chez l’homme, le symptôme le plus courant est l’urétrite aiguë (inflammation de l’urètre). D’autres symptômes comme des troubles de l’évacuation des urines ou des brûlures mictionnelles (urinaires) intenses sont aussi possibles.

Chez la femme c’en est tout autre : 70% des cas sont asymptomatiques ! Mais lorsque l’infection est symptomatique elle se traduit alors par une cervico-vaginite avec des écoulements anormaux souvent associés à une urétrite.

Que faire ?

Si les antibiotiques ne sont pas efficaces contre la Covid-19, ils ne devraient pas être prescrits à moins qu’il n’y ait une indication médicale claire.

En attendant, la seule méthode efficace de protection contre cette IST reste de se protéger lors d’un rapport sexuel avec un préservatif.

Sources : OMS, Ouest-France, The Sun

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